Le traitement de la passivité dans la pratique des rites religieux après le Ramadan

Le traitement de la passivité dans la pratique des rites religieux après le Ramadan

Au nom de Dieu Le Tout Miséricordieux et Le Très Miséricordieux

Le traitement de la passivité dans la pratique des rites religieux après le Ramadan

Imam Ahmed Limame – Imam du centre Islamique de l’Outaouais | imam@cio-oic.ca

 Ô ! vous, les adeptes du messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sachez que le mois de Ramadan est déjà passé,  que ses registres sont pliés et renvoyés auprès de Dieu, qu’Il soit exalté et glorifié, afin qu’il soit pris acte des bienfaits du Bienfaiteur, de celui qui a effectué les veillées de prières, du jeûneur, et du lecteur de son livre saint. Qu’il soit pris acte aussi des occasions perdues du malfaiteur qui a raté encore une fois sa chance de se libérer de la détresse. Vous êtes certainement, au courant de l’invocation de l’ange Gabriel, suivie de l’approbation du prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, dans laquelle il dit : ‘’Maudit soit celui qui parvient au mois de Ramadan sans être  absout de ses péchés’’. J’implore Dieu l’exalté, par la grâce de ses attributs divins et de sa bénédiction qui a englobé toute chose, que nous soyons parmi ceux qui sont parvenus au mois de Ramadan, qui ont été absouts de leurs péchés, dont les actes ont été agrées et qui ont été  inscrits comme libérés des affres du purgatoire.

A part la mort qui est une limite, Dieu n’a pas fixé de limites pour son adoration. En effet,  il a dit à ce propos : « Et adore ton seigneur jusqu’à la certitude». La certitude, c’est la mort ou ce qui se passe à ce moment comme dévoilement, comme constat des faits réels : « Tu étais en fait, inattentif à tout cela, alors nous t’avons ôté ton voile : ta vue aujourd’hui est perçante ».

Ainsi donc, Dieu n’a pas fixé de limites temporelles pour son adoration en dessous du seuil de la mort. Et cela, contrairement aux prétentions des philosophes,  des athées ou des illuminés  qui ont prétendu que la certitude veut dire la connaissance de Dieu , et que la personne parvenue à ce stade , se meut en un être divin , qui peut se passer des obligations rituelles .Ce qui est inadmissible , comme en témoigne l’attitude des prophètes qui sont les plus instruits sur Dieu , et qui n’ont jamais cessé les actes d’adoration jusqu’à leur dernier souffle de vie .

Ô ! Vous, les adeptes du messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sachez « Quand tu termines alors, consacre-toi à l’adoration ». Nous avons fini notre adoration avec le mois de Ramadan, et Dieu nous a gratifié d’autres formes d’adoration qui succèdent à celle de ce mois. Ainsi, une fois passé le mois de Ramadan, rappelle-toi que celui qui a jeûné ce mois-là et l’a fait suivre de six jours de jeûne au cours du mois suivant, c’est à dire Chawal,  est considéré comme ayant jeûné l’année entière. En effet, étant donné qu’un acte de bienfaisance est récompensé de dix fois.  Donc, 36 jours de jeûne équivalent, alors, au jeûne de toute  l’année, soit 360 jours. Seule une chose doit être prise en compte, ce jeûne ne sera valable qu’une fois que seront acquittées les dérogations encourues pendant le mois de Ramadan pour des motifs légaux comme les maladies, les voyages, et pour les femmes, les indispositions et les accouchements. Mis à part le cas où, par inadvertance, tu te trouves coincé à la fin du mois de Chawal , soit  le 24 du mois, et qu’il ne reste que les six jours recommandés , alors dans ces conditions , il t’est permis de jeûner les six jours de Chawal qui sont consignés au cours de ce mois et de reprendre par la suite le jeûne des jours manquants de Ramadan. Mais la règle demeure le jeûne du mois de Ramadan d’abord, puis les six jours de Chawal).

Ô! Vous les adeptes du messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sachez que le jeûne volontaire ne se limite pas au mois de Chawal, mais qu’il est valable tout au long de l’année, les lundis et jeudi de chaque semaine, trois jours de chaque mois, à l’occasion de la journée d’Arafat et de celle de l’Achoura. Ainsi donc, l’acte de dévotion par le biais du jeûne est valable en tout temps, la tradition affirme que l’une des portes du paradis se nomme Al Rayyan, et qu’elle est réservée aux jeûneurs, alors tâchez d’en faire partie, que Dieu vous bénisse.

Autre question qui mérite d’être évoquée en ce lieu : les veillées nocturnes dans l’accomplissement de la prière : une obligation décrétée pour le prophète et ses compagnons durant une année , puis l’obligation a été  suspendue pour les compagnons mais elle est demeurée effective pour le prophète comme preuve de sa détermination .Quant à nous, il serait préférable que nous sauvegardions cet usage pour les nuits  du ramadan  car il a été rapporté que Dieu descend durant le dernier tiers de chaque nuit jusqu’au premier des sept cieux pour s’enquérir de ses serviteurs, de leurs doléances, de leur quête d’absolution en vue de les satisfaire  et ce jusqu’à l’aube. Alors, ne vous privez pas de ces instants, réveillez-vous une demi- heure avant l’appel à la prière de l’aube, faites une prière et soyez au rendez-vous de ces manifestations divines .En effet, chacun de nous a besoin de cette sollicitude  car nous sommes cernés par les défis et les discordes qui ne peuvent être contrés qu’au moyen de cette prière nocturne. On a rapporté que le prophète s’est réveillé une nuit en sueur, et s’est exclamé   : ‘’ Que Dieu soit exalté, que de réserves ont été ouvertes et que de discordes ont été déclenchées cette nuit !’’.Puis il a ajouté : ’’Qui se porte volontaire pour réveiller les femmes qui dorment dans les pièces voisines ? Ô ! Que de femmes vêtues en ce monde, sont nues dans l’autre monde’’, indiquant par là, la façon de  se prémunir contre ces fléaux, c’est-à-dire en accomplissant des prières nocturnes. Quant à nous, nous sommes assaillis de défis de toute part, autour de nos demeures, de nos enfants, des gens autour de nous ; un seul remède pour soulager nos peines, c’est de renforcer notre relation avec le divin et de se présenter à ce rendez-vous nocturne pour solliciter la protection et l’absolution divine.

Ô ! vous, les adeptes du messager de Dieu, que Dieu prie sur lui et le salue, sachez que parmi les signes d’acceptation des actes de dévotion, figure le fait d’être attiré par plus d’actes de dévotion  car Dieu récompense l’acte de dévotion par plus de dévotion , comme il punit le péché par la privation de ces actes et par le péché .Si  tu veux avoir une idée sur le sort réservé à tes actes de dévotion au cours du mois de Ramadan , observe ton état après ce mois .Si ta situation est meilleure qu’avant sur le plan de tes relations avec le divin, c’est là un bon signe qui signifie que tes actes ont été acceptés , si Dieu le veut : « Mais Allah n’accepte que des pieux ». En effet, si la lumière illumine le cœur, il s’étend et s’épanouit. Le signe évident de cette sollicitude divine chez l’individu, c’est d’éprouver un rejet des mondanités, une attirance pour la vie de l’au-delà et une prédisposition pour la mort avant l’échéance. En effet: « Celui qu’Allah voudrait guider, il épanouira son cœur à l’islam. Et celui qu’il voudrait condamner au fourvoiement, il rendra son cœur angoissé, oppressé comme si on le hissait vers le ciel». Alors, Ô! Toi le serviteur de Dieu, force-toi d’être avec lui toute l’année  et de ne pas te limiter au mois de Ramadan : « Il ne prononce aucune parole sans qu’il n’ait un observateur tout prêt »« Et le registre fut placé, alors tu vois les malfaiteurs prendre garde de ce qu’il contient et disent : Malheur à nous ! Qu’a-t-il ce registre, à négliger aucune chose, petite ou grande sans la mentionner ? Et ils trouvèrent présent ce qu’ils ont fait. Ton seigneur n’est  injuste envers personne ». « Quand tu termines alors, consacre-toi à l’adoration». Quand tu finis avec un acte de dévotion, enchaine avec un autre, « et aspire à ton seigneur », aspire à ton seigneur tout en sollicitant son aide, pour que tu sois digne de ce qu’il a dit : « Dis : certes, ma prière, mes dévotions, ma vie et ma mort sont pour Allah, seigneur des univers .Il n’a point d’associé. C’est ce qui m’a été commandé et je suis le premier des musulmans ».Cette sollicitude et cette volonté de proximité du serviteur à l’égard de son Seigneur, constitue le capital pour ce fidèle  car c’est là le but de sa création, et c’est pour cela que les messagers ont été envoyés et que les livres ont été descendus : « Et je n’ai créé les djinns et les êtres humains que pour  m’adorer. Je ne veux d’eux nuls substance, et je ne veux point d’eux qu’ils me nourrissent. C’est Allah qui est, lui, l’Octroyeur doué de la force, l’inébranlable ».Prend garde  et ne sois pas comme ceux qui ont défait, à rebours, leur filage  après l’avoir solidement filé. Qu’une fois passé le mois de Ramadan, tu retombes dans l’insouciance, le divertissement et le péché. Rappelle –toi que d’un Ramadan à l’autre, d’un vendredi à l’autre  et d’une prière à l’autre, une occasion d’expiation de tout péché s’offre à toi tant que ce péché ne porte pas sur un acte grave (kabaiyr). Ainsi si tu t’es impliqué dans une affaire d’usure, ne compte pas sur le mois de Ramadan pour t’expier. De même que si tu as coupé le cordon de la filiation parentale qui est considéré comme un acte grave. Enfin, sois un homme de Dieu « Et adore ton seigneur jusqu’à la certitude».

J’espère mes compagnons dans l’amour de Dieu, que nous serons vigilants à l’égard de ces mises en garde, et que nous veillerons à les diffuser. Je prie Dieu qu’il nous guide sur le droit chemin, le succès et la clairvoyance.

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