Le concept de reconnaissance en Islam

Le concept de reconnaissance en Islam

Au nom de Dieu Le Miséricordieux, Le Très Miséricordieux.

Le concept de reconnaissance en Islam

Imam Ahmed Limame – Imam du centre Islamique de l’Outaouais | imam@cio-oic.ca

Mes compagnons dans l’amour de Dieu. Parmi les maladies insidieuses de la croyance, dont arrive à peine à déceler les manifestations car il se peut qu’elles ne laissent pas de traces décelables, celle de l’accoutumance au bien –être et au confort, celle de t’habituer à cet état comme si c’était un droit acquis, comme si c’était ton droit naturel  dans la vie  et que tu ne dois cette faveur à personne. Que tu t’habitues aux faveurs que Dieu t’a octroyé, comme si ce n’étaient pas des faveurs  et que tu perdes de vue cet aspect en les considérant comme un droit acquis, que tu t’habitues à rentrer chez toi, à trouver tous les membres de ta famille en bonne santé et dans de bonnes conditions, c’est une question ordinaire, rien de nouveau sous le soleil,  c’est un droit acquis : Tu rentres chez toi  et tu trouves que tout est en règle . Tu ne réalises pas à quel point tu es béni et comblé par les faveurs divines. Que tu ailles au marché, pour acheter de quoi remplir ta voiture, de payer et de rentrer chez toi, sans la moindre pensée à celui qui t’a accordé ces faveurs pour le remercier.  Tu considères,  comme si cela allait  de soi, et tu te dis, c’est mon argent,  il vient de ma poche, je paye les besoins du marché et c’est mon droit  d’en profiter. Prends  garde, cette sensation prouve que tu cours un grand danger. En effet, si tu prends goût au bien-être, et que tu manges alors que quelqu’un d’autre passe la nuit à jeun  ou qu’il a de quoi manger  mais qu’il ne peut le consommer pour des raisons de santé, alors loue Dieu et remercie Le beaucoup. Quand tu rentres chez toi, que Dieu t’a comblé de sa protection, de la douceur de vivre, d’avoir une mère, un père, une femme et des enfants en bonne santé, loue ton Dieu et remercie-le beaucoup. Ne te laisse pas entrainer à l’accoutumance du bien être, mais entraine-toi plutôt aux louanges et  à la reconnaissance. Si on te demande sur  tes nouvelles, ne dis pas : rien de nouveau sous les cieux  car tu es en continuel changement, et tu bénéficies de faveurs sans cesse renouvelées. Des faveurs multiples que tu ne peux recenser et que Dieu t’a renouvelé en ce jour même. Tu dois louer ton Dieu et le remercier, car d’autres ne n’ont pas eu cette faveur,  en ce jour. Combien de personnes vivant en sécurité se sont retrouvés du jour au lendemain dans l’insécurité et la peur ? Qui était en bonne santé, puis s’est retrouvée malade ?  Qui, encore  était actif et s’est retrouvé au chômage ? Combien de personnes riches se sont retrouvées démunies ? Combien de personnes en mouvements se  sont retrouvées clouées par la paralysie ?  Alors que toi tu as bénéficié du renouvèlement des faveurs, dis : « Louanges à Dieu pour ce qu’il a donné et pour ce qu’il a gardé.

Mes compagnons dans l’amour de Dieu. Le remerciement est une grande station sur la voie de la dévotion de Dieu, qu’Il soit exalté et glorifié. Dieu nous l’a recommandé et nous a interdit son contraire. Il a loué ses adeptes, en a qualifié ses élus et en a fait l’objectif de Ses créatures et de Ses ordres. Ses adeptes sont ceux qui ont bénéficié de Ses faveurs. Il leur a donné l’un de Ses attributs : «Et peu nombreux de Mes serviteurs sont constants en reconnaissance »  ce sont une minorité parmi Ses serviteurs et c’est la preuve de leur mérite, de leur honneur  et de leur place élevée. Dieu dit aussi : « Et soyez reconnaissants à Allah, si vraiment vous l’adorez » et ne peuvent vraiment l’adorer que ceux qui sont reconnaissants. Il dit aussi, qu’Il soit exalté et glorifié : « Et lorsque votre seigneur proclama : si vous êtes reconnaissants, je vous augmenterai, et si vous êtes mécréants, certes mon châtiment sera sûrement sévère ». La reconnaissance est une règle de conduite des dévots  et une voie fixe dans la conscience des vertueux, qui remplissent leurs cœurs, activent leurs langues, et se manifestent dans leurs sens. Dieu, qu’Il soit exalté et glorifié, décrit Son premier prophète Noé en disant : « Il était, lui, un serviteur constant en reconnaissance ». Et pour Abraham il dit : « Reconnaissant ses bienfaits, il l’a élu et l’a guidé vers un chemin de rectitude ». Quant à Salomon que la paix soit sur lui, il a dit : «Mon seigneur aide-moi à être reconnaissant de la grâce dont tu m’as gratifié, moi et mes père et mère, et à ce que je fasse œuvre méritoire que tu agrées, et fais – moi entrer, par te miséricorde parmi tes serviteurs vertueux » et il a dit aussi : « Cela est de la grâce de mon Seigneur pour m’éprouver : en serai-je reconnaissant ou bien mécroirai-je ? Et quiconque est reconnaissant, il n’est reconnaissant que pour lui-même, et quiconque mécroit, mon Seigneur est tout Riche, Bienfaiteur». Pour tout cela, tous les prophètes se sont efforcés à rappeler leurs peuples de cette station grandiose sur la voie de la dévotion. Le prophète Hùd a dit à son peuple : « Rappelez-vous lorsqu’il fit de vous des remplaçants, à la suite des gens de Noé, et accrut, en vous créant, votre stature ? Rappelez-vous les bienfaits d’Allah, peut-être cultiveriez-vous ».Le prophète Sàlih a dit la même chose  à son peuple : «Rappelez-vous lorsqu’il fit de vous des remplaçants, à la suite des ‘Ad, et vous institua sur terre, vous avez fait de ses plaines des palais, et vous avez taillé les montagnes en maisons. Rappelez-vous les bienfaits d’Allah, et ne ravagez pas de par la terre en corrompant ». Quant au dernier des prophètes, leur maître et leur Imam, que Dieu prie sur lui et le salue, il veillait en prière jusqu’à ce que ses pieds soient meurtris. Quand on lui demandait la raison de cette attitude, il disait : « Ne serai-je pas un serviteur constant en reconnaissance ». Le remerciement est un acte de reconnaissance du serviteur, de la faveur divine à son égard. La reconnaissance est une preuve de la satisfaction du serviteur à l’égard de son Dieu. C’est la vie du cœur, c’est le lien des faveurs existantes, et la chasse aux faveurs perdues. Si tu veux conserver les faveurs dont tu jouis, et te préparer à en recevoir d’autres de la part de Dieu, tu n’as qu’à multiplier les actes de reconnaissance, car c’est le lien des faveurs existantes, et la chasse aux faveurs perdues .

Le premier testament que Dieu a adressé à l’être humain dit : « Et nous recommandâmes à l’homme, ses père et mère. Sa mère le porta faiblesse sur faiblesse, et son sevrage est après deux ans. Sois donc reconnaissant envers moi et envers tes père et mère. C’est vers moi le Devenir». Dieu, l’Exalté, Le très Haut, a rappelé, aussi, que sa satisfaction réside dans la reconnaissance de ses faveurs : « Et si vous êtes reconnaissants, il l’accepte à votre égard ». Aussi, la reconnaissance est l’une des causes de s’épargner  le châtiment divin : «  Qu’a-t-Il à faire, Allah, de votre châtiment, si vous êtes reconnaissants et croyants ? Certes, Allah a toujours été rémunérateur, tout scient ».

La reconnaissance repose, mes compagnons, sur trois piliers:

– La gratitude  envers les faveurs, en son for intérieur tout en éprouvant de l’amour à celui qui les octroie.

-En parler ouvertement tout en faisant l’éloge de Dieu, l’Exalté, Le très Haut.

-Les dépenser dans les actes de dévotion : à savoir, se  satisfaire de Dieu  et s’abstenir de ses interdits.

Quant aux principales faveurs elles se résument en trois :

– La faveur de l’islam, dont dépend l’accomplissement des faveurs.   —La faveur de la santé, dont dépend le déroulement normal de la vie. -La faveur de la satisfaction, dont dépend une vie paisible.

Et être reconnaissant à Dieu pour toutes ces faveurs est une obligation dans toutes les circonstances : que l’on soit en bonne santé ou malade, dans la jeunesse ou dans la vieillesse, dans la pauvreté ou la richesse, dans le travail ou dans le chômage, dans la joie ou dans la tristesse, dans la veille ou dans le sommeil, dans le voyage ou dans la résidence, dans la solitude ou dans la multitude, debout ou assis ou couché.

Abu-Addarda, que Dieu soit satisfait de lui a dit à ce propos :

«  Quiconque,  qui ne connait les faveurs de Dieu que dans sa nourriture et son breuvage, manque de connaissances, car les faveurs de Dieu sont permanentes et ses bienfaits sont successifs ». Dieu dit dans le Coran à ce propos : « et vous a procuré de tout ce que vous lui avez demandé .Et si vous dénombrez les bienfaits d’Allah vous ne saurez les recenser. Certes ; l’être humain persiste dans l’injustice, persiste dans la mécréance »…. « N’avez-vous donc pas vu qu’Allah vous a assujetti ce qui est dans les cieux et ce qui est en la terre, et qu’il vous combla de ses grâces apparentes et cachées ».

La reconnaissance prend plusieurs formes : Un homme dit à Abu Tamima : «  Comment  es-tu ce matin ? Il a répondu : « Je suis entre deux faveurs, et je ne sais pas laquelle est meilleure : Des péchés que Dieu a occulté, si bien que personne ne peut les utiliser contre moi. Et une affection à mon égard, que Dieu a injecté dans les cœurs des gens,  sans que j’en sois digne par mes actes».

La reconnaissance s’accomplit par la prière : « Ne serai-je pas un serviteur constant en reconnaissance ». Elle se fait aussi par le jeûne. En effet, Moise a jeûné le jour de la Achoura, en signe de reconnaissance à Dieu, pour l’avoir sauvé ainsi que son peuple du Pharaon et son armée. Puis ce jeûne a été adopté par notre prophète qui en a instauré sa pratique, et a dit : «  Nous sommes plus fidèles à Moise que vous ». La reconnaissance se fait aussi par le moyen d’une prosternation que tu accomplis à Dieu, pour avoir perpétué Ses faveurs. Notre prophète, que Dieu prie sur lui et le salue, s’est prosterné, lorsque l’ange Gabriel lui a appris que Dieu dit : « Quiconque prie sur toi une seule fois, Dieu prie sur lui dix fois ». Abou Baker s’est prosterné aussi, lorsqu’il a appris la mort du faux prophète Misaylama al khadhab. Ali Ibn Abi Talib, s’est prosterné aussi, lorsqu’il a appris la mort du kharijite Ibn Athadya. Kaab Ibn Malik s’est, aussi, prosterné  lorsqu’il a appris que Dieu lui avait accordé sa pénitence. C’est pour cette raison qu’Abd- Arrahmane El Sullami  a dit : «  La prière est une reconnaissance, ainsi que le jeûne, et tout acte accompli pour Dieu, et le meilleur de ces actes, c’est la louange de Dieu. La satiété est aussi une reconnaissance, ainsi que l’énumération des faveurs  et leur divulgation. Quiconque se trouve dans l’incapacité de répondre au bien par le bien, qu’il multiplie la reconnaissance et les louanges. Et parmi la reconnaissance, que ta langue ne tarisse pas d’éloges pour Dieu. Quiconque dit le matin comme le soir : « Ô ! Mon Dieu, toutes les faveurs qui me comblent chaque matin ou qui comblent l’un de Tes serviteurs, Tu en es le détenteur unique, Tu n’as pas d’associé, à Toi les louanges et la reconnaissance » un hadith qui a fait l’objet de divergences, et a été  adopté par les uns et rejeté par d’autres et qui dit il aurait accompli la reconnaissance de ce jour »

Ô !  Mon Dieu  aide-nous à réciter Ton nom, à Te louer, et à Te prier comme il se doit.

Je prie Dieu, pour vous et pour moi, pour qu’Il nous octroie la bonne guidance, le succès, et la clairvoyance.

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